Bonsoir, chéri
Ce soir, nous nous appellerons tous "Chéri". Dans ce restaurant d'un quartier branché, entourées d'hommes beaux, nous dînerons en parlant et en riant bruyamment.
Tous les hommes sont homosexuels : ils sont prêts à badiner, danser collé-serré, très affectueux, chaleureux, et certains aiment rouler des pelles aux femmes, mais ils sont finalement intouchables.
De très vieux amis les saluent. Ils ont une brève conversation amicale. Dès qu'ils auront tourné le dos, les hommes nous raconteront leurs histoires de brouille et de trahison, leur réconciliation toute fraîche. Les potins plus ou moins honteux qui circulent sur leur compte.
On boit. Un des hommes décide de caresser mes cheveux et les tient tendrement dans ses mains.
- Regardez ! ils bouclent naturellement. Ces cheveux sont parfaits. Tu es formidable.
Ils nous accablent de "formidable" et de compliments. Ils sont sincères en cet instant, demain ils seront sincères en médisant de nous, ou en calculant comment nous pouvons leur être utiles.
On flatte une chanteuse. Pour rire, pour le plaisir de se faire remarquer, l'un lui demande de pousser un contre-ut. Elle se remaquille. Elle vocalise un peu, s'élance, et atteint son contre-ut. Des gens se retournent, aucun verre ne se brise, mais c'était de justesse. Applaudissements, demande d'une autre bouteille.
Un autre soir, une autre chanteuse viendra, on lui demandera la même chose, elle refusera. L'homme lui dira alors d'un air pincé "Unetelle l'a fait, quand elle est venue..." et la chanteuse, vexée, se mettra à vocaliser derrière sa carte, atteignant une note assez haute, mais tout de même pas un contre-ut.
On finit par sortir, éméchés, se tenant par le bras. On passe devant un hôtel.
Comme à chaque fois, un des hommes ouvre la porte, crie :
- Bonsoir, chéri ! et bonne soirée !
puis referme la porte en pouffant de rire, nous sommes tous hilares, nous pouvons rentrer.
Tous les hommes sont homosexuels : ils sont prêts à badiner, danser collé-serré, très affectueux, chaleureux, et certains aiment rouler des pelles aux femmes, mais ils sont finalement intouchables.
De très vieux amis les saluent. Ils ont une brève conversation amicale. Dès qu'ils auront tourné le dos, les hommes nous raconteront leurs histoires de brouille et de trahison, leur réconciliation toute fraîche. Les potins plus ou moins honteux qui circulent sur leur compte.
On boit. Un des hommes décide de caresser mes cheveux et les tient tendrement dans ses mains.
- Regardez ! ils bouclent naturellement. Ces cheveux sont parfaits. Tu es formidable.
Ils nous accablent de "formidable" et de compliments. Ils sont sincères en cet instant, demain ils seront sincères en médisant de nous, ou en calculant comment nous pouvons leur être utiles.
On flatte une chanteuse. Pour rire, pour le plaisir de se faire remarquer, l'un lui demande de pousser un contre-ut. Elle se remaquille. Elle vocalise un peu, s'élance, et atteint son contre-ut. Des gens se retournent, aucun verre ne se brise, mais c'était de justesse. Applaudissements, demande d'une autre bouteille.
Un autre soir, une autre chanteuse viendra, on lui demandera la même chose, elle refusera. L'homme lui dira alors d'un air pincé "Unetelle l'a fait, quand elle est venue..." et la chanteuse, vexée, se mettra à vocaliser derrière sa carte, atteignant une note assez haute, mais tout de même pas un contre-ut.
On finit par sortir, éméchés, se tenant par le bras. On passe devant un hôtel.
Comme à chaque fois, un des hommes ouvre la porte, crie :
- Bonsoir, chéri ! et bonne soirée !
puis referme la porte en pouffant de rire, nous sommes tous hilares, nous pouvons rentrer.
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