Passent les jours, sonnent les heures, le temps fuit, je demeure
Je lisais les aventures de Nicolas Le Floch, le commissaire créé par Jean-François Parot, qui officie à Paris au 18 ème siècle. Absorbée dans toutes ces histoires de "question" (torture), d'autopsie rudimentaire et de cachots salpêtrés, je me débrouillai quand même pour me trouver une place dans la rame assez pleine. J'en ai trouvé un d'autant plus facilement qu'un clochard dormait à côté de moi, enroulé sur deux sièges. Je lisais, lisais, lisais. Au bout d'un moment, après la Xième mention de l'odeur, je me suis dit : "heureusement qu'on est plus propres, maintenant, à Paris."
Puis j'ai levé la tête et j'ai vu les pieds du clochard. Enveloppés de bandelettes de tissu qui laissaient voir une peau noire, craquelée, grise par-dessous. J'ai aussi prêté plus d'attention à son odeur : fade, écoeurante.
J'ai alors repensé au mari d'une copine, réalisateur de documentaires, à qui on demandait s'il n'était pas trop dut de vor la misère en Chine :
- Bof, ce n'est pas pire que ce qu'on peut voir ici, à Paris.
Puis j'ai levé la tête et j'ai vu les pieds du clochard. Enveloppés de bandelettes de tissu qui laissaient voir une peau noire, craquelée, grise par-dessous. J'ai aussi prêté plus d'attention à son odeur : fade, écoeurante.
J'ai alors repensé au mari d'une copine, réalisateur de documentaires, à qui on demandait s'il n'était pas trop dut de vor la misère en Chine :
- Bof, ce n'est pas pire que ce qu'on peut voir ici, à Paris.
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